Avril 2014

Point de presse lors de la visite de l'ancienne maison de Nelson Mandela

LE PRESIDENT : « C’est très émouvant de venir à Soweto, là où il y a à peine 40 ans des enfants mouraient pour défendre leur liberté, leur dignité. Cette première visite dans ce musée, était déjà impressionnante. Là, venir dans ce quartier, celui de MANDELA, celui de Desmond TUTU, puisqu’ici c’est la rue des deux prix Nobel. Voir ce qu’a été sa vie pendant qu’il était encore en liberté, quand il luttait, et surtout pendant toutes les années où il n’était pas dans cette maison. Le plus impressionnant est sans doute de penser qu’il a été privé de sa famille pendant plus de 25 ans pour préparer l’Afrique du Sud de demain, celle d’aujourd’hui.

 

Venant dans cette maison, nous avons le sentiment d’avoir d’abord un lutteur, un combattant, un militant qui s’était ici, non pas réfugié mais vivait ici, au milieu des siens, dans ce quartier. Il était leur avocat, dans tous les sens du terme. Ensuite il a été enlevé, fait prisonnier, sa femme Winnie a été également emprisonnée. Cette maison avait été, en définitive, saisie. ET, maintenant y revenir. Elle a été reconstruite en l’état parce qu’elle avait été brulée par ceux-là même qui voulaient qu’il n’y ait aucune trace de la présence de MANDELA.

 

On peut se dire que tout cela est loin. En fait, c’était à peine il y a 40 ans. Il y eu un enfant qui a été tué ici et la libération de MANDELA est intervenue au début des années 90. C’est-à-dire il y a 23 ans seulement. Cela est la première leçon. Tout cela n’est pas si loin, tout cela est près de nous.

La seconde leçon c’est que nous n’en avons jamais terminé avec les combats pour la dignité humaine, pour l’égalité, pour le respect, pour la tolérance. Ces combats vivent au-delà même des héros qui les ont menés, justement MANDELA.

 

 

QUESTION : «Toutes proportions gardées, quelle leçon pouvez-vous tirer entre ce combat universel – quand même mené par Nelson MANDELA sur l’égalité des hommes entre deux races – et le combat auquel sont affrontés les chefs d’Etat en Europe face à un certain populisme ? »

 

LE PRESIDENT : «Il y a 40 ans, des enfants mouraient dans ce quartier parce qu’ils voulaient tout simplement être libres.

 

Il y a à peine 25 ans, MANDELA sortait de prison parce qu’il portait l’idée toute simple qu’un homme en valait un autre.

 

Encore aujourd’hui il y a des combats qui doivent être nommés et menés pour l’égalité entre les femmes et les hommes, pour la dignité des êtres humains, pour permettre que nous puissions vivre ensemble, pour éviter le racisme et la xénophobie.

 

Cela ne règle pas les questions quand on dit qu’il faut, avant tout, défendre les libertés, les principes, les valeurs. Si on n’appréhende pas les grandes questions qui nous sont posées, y compris celle de la sécurité, celle de la vie ensemble, celle de l’immigration, avec ses principes et ses valeurs, nous ne sommes pas fidèles, à notre histoire, à celle qui s’est jouée là, et nous ne sommes pas capables de les résoudre. »

 

 

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