Avril 2014

Point de presse de M. le président de la République et M. Sauli NIINISTÖ, président de la République de Finlande

Palais de l’Elysée - Mercredi 10 juillet 2013

Mesdames, Messieurs,

J’ai reçu avec beaucoup de plaisir le président de la Finlande. Cela faisait huit ans qu’un chef d’Etat finlandais n’était pas venu en France.

Nous avons évoqué nos relations politiques, qui sont excellentes. La France et la Finlande partagent la même conception des relations internationales et nous avons notamment évoqué les sujets les plus brulants de l’actualité, sur lesquels nous avons la même démarche, que ce soit sur la Syrie ou l’Egypte.

J’ai, par ailleurs, remercié le Président pour le soutien, qu’il avait apporté, avec son pays, à l’intervention de la France au Mali.

Ensuite, nous avons évoqué nos relations économiques, qui ne se résument pas à la question du nucléaire, même si cela fait partie de ce que les entreprises doivent faire ensemble.

Il y a eu un certain nombre de retards, mais cela reste une technologie, une innovation tout à fait précieuse, qui méritera d’être retenue pour d’autres projets, y compris certains qui peuvent ne pas être de cette dimension. 

Nous avons parlé de deux sujets importants à nos yeux. Le premier, c’est l’emploi des jeunes, parce que la Finlande a anticipé le plan européen qui va se mettre en place dès le début de l’année prochaine pour la « garantie jeunes » et pour nous, en France, qui avons d’autres expériences, d’autres initiatives. Ce qu’a réussi la Finlande, nous pouvons le faire également ici.

Le Président a visité une mission locale pour l’emploi des jeunes et je crois que nous pouvons échanger nos expériences.

Le second sujet  a porté sur l’Europe de la Défense, parce que même si la Finlande n’est pas membre de l’OTAN, et que la France en est, vous le savez, partie prenante, nous devons agir ensemble pour l’Europe de la Défense. Nous ferons des propositions lors de la réunion du Conseil européen qui se tiendra à la fin de l’année sur cette question.

Voilà pourquoi j’ai beaucoup apprécié cette visite. J’ai été très sensible, non seulement à l’invitation qui m’a été faite de me rendre en Finlande, mais également à cette belle manifestation sur le livre qui va se tenir l’année prochaine, à l’initiative de l’épouse du Président et qui a choisi la France comme invité d’honneur.

M. Sauli NIINISTÖ  -  Mesdames et Messieurs, c’était un grand plaisir pour moi d’être ici, en visite en France et les discussions avec le Président HOLLANDE. Nous avons en effet eu beaucoup d’échanges dont M. le Président a déjà donné les conclusions. Nous avons aussi évoqué la question du lien entre les citoyens européens et la construction européenne.

Quels sont les sentiments des Européens ? A la fois, c’est une identité, et je pense que les Finlandais ont bien saisi son importance. Mais en même temps, nous avons cette machinerie européenne qui devrait mieux fonctionner, pour que les citoyens puissent mieux s’adapter à la situation.

Nous avons évoqué aussi la coopération dans les questions de défense. Je suis sûr que les citoyens apprécient la sécurité, et en même temps, trouver des solutions dans ce domaine sera, d’un point de vue économique, sage. Je suis content d’avoir entendu que la France reste active sur ces questions-là.

Nous avons aussi évoqué la question des jeunes, le chômage des jeunes. J’étais impressionné, ce matin, lorsque j’ai rendu visite à la mission locale pour l’emploi pour voir ses activités. Nous avons, en Finlande, mis en place la garantie pour les jeunes. Nous pouvons maintenant échanger les expériences vécues. Comme les points de vue sont un peu différents, il faut les combiner pour trouver de meilleurs résultats encore.

Nous avons aussi évoqué les relations avec la Russie. Je pense qu’il faut renforcer les liens entre l’Union européenne et la Russie, pour davantage nouer les contacts, qui seront utiles et fructueux pour les deux parties.

Je tiens à vous remercier pour cette occasion d’avoir cette visite en France. C’est avec un grand intérêt que nous attendons l’année prochaine, nous allons permettre à beaucoup de Finlandais de découvrir la littérature française. »

QUESTION – On a l’impression qu’il s’agit d’une vraie « session finlandaise » à l’Elysée depuis peu de temps. D’un autre côté, vous avez souhaité reporter les négociations transatlantiques. Cela n’a pas été le cas. Vous entamez les discussions dans un climat qui n’est pas très bon et peut être aussi l’Europe qui n’est pas beaucoup suivie. Quelle est votre réflexion ? Est-ce que vous êtes inquiet pour la suite ? 

LE PRESIDENT - Je suis très rassuré au sujet de la relation entre la France et la Finlande. Comme vous l’avez relevé, j’ai reçu deux fois le Premier ministre finlandais et aujourd’hui le président de la République. C’est dire si nous avons des sujets communs, des préoccupations proches et une même volonté de faire l’Europe sans qu’elle puisse être entravée par trop de procédures. Pour nous, l’essentiel étant de donner de la protection, que ce soit pour l’emploi, que ce soit sur la défense.

Sur les négociations, j’avais conditionné leur ouverture à une discussion avec les Etats-Unis sur la question de la protection des données personnelles et sur la vérification de ce que font les différents services américains, notamment en Europe. C’est cette position qui a été finalement retenue et je pense que c’est la bonne.

Nous avons besoin d’éclaircissements, de clarifications, d’explications et d’informations. Mais parallèlement, la négociation qui sera longue - elle va durer quelques mois, voire plusieurs années - peut commencer, dès lors qu’il y a eu cette garantie que nous pouvons parler, de ce qui a fait l’actualité ces derniers jours.

QUESTION - Concernant le plan de 12 milliards d’euros, êtes-vous pour la relance dans cette situation économique actuelle ? Est-ce que cette démarche est compatible avec le sérieux budgétaire ?

LE PRESIDENT - Nous faisons en sorte de présenter des comptes qui doivent progressivement s’équilibrer d’ici la fin de mon mandat. En même temps, nous voulons préparer l’avenir et ces investissements auront donc un mode de financement qui n’aggravera pas le déficit public, puisque ça fait appel à des recettes de vente, notamment des participations de l’Etat dans certaines entreprises et subsidiairement de quelques recettes venant de fonds d’épargne.

Nous pouvons ainsi conjuguer ce que vous appelez le sérieux budgétaire et ce qui est la préparation de la croissance pour demain.

QUESTION - La France et la Finlande ne sont pas d’accord sur la façon de gérer la crise économique en Europe. Qu’attendez-vous de la Finlande ?

LE PRESIDENT - La Finlande fait valoir les objectifs de redressement budgétaire. Nous avons toujours dit que nous étions favorables à cette perspective mais qu’elle ne peut pas suffire. La Finlande connaît aussi une récession et on voit bien la difficulté même de redresser les comptes publics, quand il n’y a pas de croissance. Nous devons donc allier, conjuguer le redressement budgétaire avec le soutien à l’activité économique.

QUESTION - Sur la Russie, pensez-vous qu’il faut renforcer la coopération entre l’Europe et la Russie ?

LE PRESIDENT - Le Président est revenu là-dessus. La Finlande a des rapports étroits avec la Russie. Elle peut être un trait d’union, un instrument de liaison, pour que l’Europe et la Russie approfondissent encore davantage leur relation.

La Finlande connaît bien la Russie pour de multiples raisons et elle peut faire comprendre à l’Europe un certain nombre de situations et faire comprendre à la Russie que l’Europe peut être utile au développement économique de ce grand pays, sans qu’il soit besoin de faire valoir les pressions que nous pouvons connaître sur le gaz.

M. Sauli NIINISTÖ  - La Finlande est un membre de l’Union européenne et c’est sa qualité.

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