Avril 2014

Point de presse de M. le Président de la République à l'occasion de la visite de l'entreprise VALEO de La Verrière

Mesdames, Messieurs,

Je voulais exprimer toute ma gratitude pour l'accueil qui m'a été réservé, ici, par le Directeur général, mais également par l'ensemble des personnels. C'était une visite que je voulais tournée autour de ce que doit être l'entreprise, telle que nous voulons la soutenir, telle que elle-même entend prendre sa place, et en France, et dans le monde. Un entreprise qui réussit, une entreprise qui innove, une entreprise qui embauche, une entreprise qui exporte et c'est vrai que Valeo fournit cette exemplarité.

Dans un moment difficile pour l'économie française où il est demandé beaucoup aux entreprises, nous devons leur apporter notre confiance, notre soutien. Et saluer tous ceux qui contribuent au travail en France et pour la France. Je voulais donc, venant ici à La Verrière, pouvoir exprimer au nom de toute la République, de la France entière, notre confiance à l'égard des entreprises.

Mais je ne suis pas venu dans n'importe quelle entreprise et à n'importe quel moment. Nous sommes confrontés à une mutation de l'industrie automobile et je voulais montrer que le plan qui a été présenté par le gouvernement et le ministre Arnaud MONTEBOURG, permettait de donner la priorité aux véhicules de demain. Ceux-là mêmes qui sont conçus pour une part ici. C'est-à-dire ces véhicules électriques, ces véhicules hybrides, ces véhicules thermiques, qui doivent relâcher le moins de CO2 possible et pour lesquels nous devons à la fois donner un soutien à la recherche et à la production et en même temps une stimulation pour la consommation. C'est le sens du plan qui a été présenté, un plan cohérent et qui a vocation à s'inscrire dans la durée.
Pour les consommateurs, ce plan permettra d'avoir un bonus pour les véhicules électriques qui seront achetés, ce bonus passe de 5 000 à 7 000 euros et pourront rendre quasiment équivalents les prix d'un véhicule électrique par rapport au prix de véhicules thermiques ordinaires.

Nous avons aussi, conscients que le véhicule électrique ne représentait que 1% du marché, voulu élargir aux véhicules propres et notamment aux véhicules hybrides et aux véhicules thermiques relâchant peu de CO2.

Le consommateur pourra donc, durablement, arbitrer, faire ses choix en faveur de véhicules qui représentent l'avenir avec une plus faible consommation, une plus grande sobriété ; des véhicules déjà fabriqués en France et qui pourront l'être davantage.

L'entreprise que je viens de visiter fournit des innovations et des matériels à tous les constructeurs du monde. C'est un centre de recherche dont l'excellence permet de fournir tout ce qui est demandé par l'ensemble des constructeurs. En France, depuis plusieurs années, les constructeurs ont pris de l'avance et donc nous voulons que par ces soutiens à la consommation, ils puissent y avoir davantage de fabrications possibles en France et pour la France.

Ensuite nous avons voulu dans ce plan qu'il y ait une recherche qui soit stimulée. Et donc le crédit d'impôt recherche sera mobilisé pleinement non seulement pour les fabricants mais pour les équipementiers, et pour les sous-traitants. Ce crédit d'impôt-recherche sera même élargi pour les PME qui innovent. Nous allons également mobiliser tous les crédits qui existent pour ce qu'on appelle « les investissements d'avenir », venus du grand emprunt, et qui seront affectés autant qu'il sera possible à la filière automobile.

Enfin, nous devons faire en sorte qu'il y ait une structuration en France de la filière automobile et une meilleure organisation entre donneurs d'ordre et sous-traitants. Je pense aujourd'hui à toutes ces entreprises qui travaillent pour l'industrie automobile, qui sont fragilisées et qui recevront là encore un soutien par des prêts, par des politiques d'accompagnement et notamment par la mobilisation de crédits venant d'Oséo.

Voilà le sens de ma présence mais au-delà de ce que je voulais dire pour le plan automobile, je voulais m'adresser à tous ces salariés que j'ai rencontrés. Notamment aux plus jeunes qui se sont engagés dans votre entreprise et qui également ont confiance et qui pour beaucoup veulent vivre, ici ou ailleurs, dans la certitude de servir des technologies d'avenir et aussi leur pays. Ils viennent de plusieurs pays et ils sont tous conscients que nous devons être les plus en avance possible sur le plan technologique. Et il y a une grande fierté que j'ai ressentie ici, parmi les personnels, parmi les dirigeants. Et une grande fierté aussi de la part des élus locaux d'avoir un centre de recherche comme ici à la Verrière.
C'est cette confiance-là, cette fierté-là que nous devons donner à l'ensemble de notre pays. Parce que c'est à travers des entreprises performantes, des entreprises qui sont capables de nourrir un dialogue social de qualité, capables de mobiliser le talent de toutes les générations, que nous arriverons à donner une confiance par rapport aux années qui viennent.

Je reviens sur le cadeau dont j'ai été le bénéficiaire, le phare que vous m'avez donné. Je ne sais pas comment j'arriverai à l'allumer dans le bureau qui est le mien. Mais je pense que c'est un beau symbole. Nous devons éclairer l'avenir. Le rôle de ceux qui exercent les plus hautes fonctions politiques, qui ont été investies par le peuple français, c'est de fixer le chemin. Nous avons des efforts à faire pour rattraper le retard, pour être plus innovants, pour être plus compétitifs, pour redresser également nos comptes publics. Nous le ferons dans la justice, mais nous le ferons aussi dans le rassemblement de toutes les énergies. Si j'avais, au-delà des messages de confiance à l'égard de l'industrie automobile et du plan qui a été présenté par le gouvernement, un message de confiance à adresser, ce serait dans l'entreprise, dans la capacité que nous pouvons avoir, ici en France, à produire mieux et à produire plus. Vous en avez fourni ici la plus belle des illustrations qui soient.

Alors je sais que vous êtes une entreprise souple, je n'ai pas dit flexible, mais vous avez été capables finalement de mettre en œuvre des témoignages de votre qualité de production, de vos innovations, en 36 heures. J'ai été capable de conduire un véhicule sans monter dans l'automobile en question, ce qui sera, je crois, apprécié des Français ! Mais ça n'a été possible que grâce à vous. C'est-à-dire grâce à toutes ces technologies. Nous avons en France des technologies qui peuvent être mobilisées, des entreprises qui sont de grande performance et donc nous devons avoir confiance dans notre avenir. Merci de me l'avoir ici démontré.

Des journalistes s'étant glissés dans cette salle, veulent poser des questions...

QUESTION -- M. le Président bonjour, vous avez souligné le sens de votre présence ici dans une entreprise qui marche, à qui tout réussit visiblement, une entreprise qui fait beaucoup de recherche. Est-ce que votre place, est-ce que ce n'est pas un peu facile dans le contexte actuel, est-ce que votre place de président n'était pas plutôt auprès des salariés d'Aulnay ?

LE PRESIDENT -- Mais nous sommes auprès des salariés d'Aulnay ! Comme auprès des salariés de Peugeot, pour faire en sorte que le plan qui a été présenté puisse être renégocié, c'est ce qui va s'ouvrir. Nous sommes auprès des salariés de Peugeot, comme de Renault, pour permettre que nous ayons davantage de production à travers un plan automobile qui va donner une stimulation à la consommation d'un certain nombre de véhicules. C'est un ensemble. Il ne peut y avoir d'industrie automobile que s'il y a l'innovation et la recherche et je voulais aussi en montrer ici la réalité. Il faut un tout pour permettre qu'il y ait une vision de l'avenir. Nous devons montrer que l'industrie automobile française, qui a déjà pris de l'avance, peut être une industrie du futur grâce à ces nouveaux véhicules mais grâce aussi à une production qui doit être de qualité. Il y a l'enjeu de la compétitivité. La compétitivité c'est l'innovation, c'est la recherche, c'est la qualité du travail, c'est la formation du personnel, c'est aussi tout ce qui peut nous rendre plus performants par une meilleure organisation, y compris sur le plan territorial. C'est un effort donné à la recherche. Ici par exemple, le crédit impôt recherche représente 30% de la recherche totale de l'entreprise. C'est un bel effort de l'entreprise et de l'Etat. Mais, il y a aussi les autres dimensions de la compétitivité. Une négociation est en cours et un rapport va être présenté par Monsieur Gallois. Nous aurons à prendre des décisions le moment venu.

QUESTION -- Vous êtes venu avec MM. Hamon et Montebourg qui représentent l'aile gauche du parti socialiste. M. Montebourg défendait notamment lors de la primaire des idées comme le protectionnisme, la démondialisation pour réarmer l'industrie française telle est votre souhait d'ailleurs dans la campagne, est-ce qu'il ne faut pas mettre en application ce que proposait pendant la primaire, M. Montebourg ? le protectionnisme, les barrières douanières.


LE PRESIDENT -- Je ne veux pas répondre à la place de M. Montebourg, alors candidat à la primaire. Il ne vous a pas échappé que nous avons franchi cette étape-là. D'une manière différente lui et moi. Aujourd'hui, il y a une équipe qui est en place, il y a un gouvernement qui cherche les bonnes solutions. Pour l'automobile le plan a été travaillé par M. Montebourg avec ses équipes, et ensuite par le gouvernement, permet de donner priorité aux véhicules d'avenir et donc d'encourager la production française. Les chiffres que j'ai sous les yeux confirment que les aides que nous avons mises en place et qui sont d'application immédiate peuvent représenter 20 % du marché de l'automobile et dans ces 20 %, 60 % sont fabriqués, ou peuvent être fabriqués en France. Pas besoin d'inventer des règles protectionnistes, il suffit de donner une stimulation pour une consommation en faveur de véhicules propres ou de véhicules électriques ou de véhicules thermiques. Voilà ce qui permet d'être à la fois conforme à nos engagements internationaux et soucieux également de la concurrence à l'échelle européenne et, en même temps, capable de donner un appui à nos industriels français. J'ajoute que j'ai demandé que l'Etat montre l'exemple, c'est-à-dire que l'Etat, dans le renouvellement de sa flotte automobile, mette la priorité, même l'exclusivité aux véhicules propres et aux véhicules électriques qui, pour beaucoup, sont fabriqués en France pas seulement par des marques françaises, parce que l'enjeu c'est la fabrication aussi en France.


QUESTION -- Nous avons appris récemment que le syndicat des transports d'Ile de France a décidé de confier ses relations clients à un prestataire basé au Maroc. 80 emplois sont menacés en France, en Moselle et en Vendée notamment, le problème est le STIF est présidé par le président socialiste de la Région Ile-de-France, M. Huchon, ma question est donc double : quel regard portez-vous sur la décision qui a été prise ? et deuxièmement, que peut faire l'Etat et le gouvernement à l'heure où vous dites que l'emploi est votre première priorité.


LE PRESIDENT -- Il y a des règles en matière de marchés publics, elles ont été respectées pour le cas que vous citez. Ensuite, c'est à chaque responsable public, en fonction des règles de la concurrence qui existent, de faire autant qu'il est possible prévaloir le travail en France. Mais, il y a aussi ces contraintes qui existent au plan européen et qui doivent être respectées. Je demande donc à tous les responsables publics, où qu'ils se situent, et donc même aux collectivités locales d'être très attentifs -- chaque fois qu'il est possible, en fonction des règles que nous connaissons et que nous devons respecter parce que je ne suis pas favorable à ce que nous rentrions dans une surenchère protectionniste -- à tout ce qui peut être favorable à la fabrication en France où au travail en France. Chacun doit entendre ce message.

Merci à tous. Et merci à ceux qui nous ont donné une belle démonstration. La démonstration n'est pas simplement technologique, elle est humaine. Merci à tous.

 

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