Avril 2014

Déclaration de M. Mahamadou ISSOUFOU, Président de la République du Niger

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Je viens d'être reçu par le Président HOLLANDE. Nous avons échangé sur beaucoup de choses et je me réjouis de constater que nous avons une parfaite identité de vues sur beaucoup de questions et en particulier sur le Mali. Nous avons pu faire un tour d'horizon de la question et nos positions n'ont pas changé. Nous avons pour objectif de libérer, comme vous le savez, le Nord-Mali ; de restaurer l'intégrité territoriale du Mali ; et de créer les conditions du retour de la démocratie au Mali. Sur le Mali, il y a donc une parfaite identité de vues entre le Président François HOLLANDE et moi.

QUESTION : « Vous êtes toujours pour une intervention rapide au Mali ? »

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Oui, c'est la position des Africains et c'est la position de la CEDEAO. La CEDEAO s'est réunie -- vous vous rappelez -- le 11 novembre dernier et a pu adopter le concept d'intervention au Mali. Ce concept va être transmis au Conseil de sécurité pour pouvoir voter une nouvelle résolution qui va autoriser l'emploi de la force pour libérer le Nord-Mali »

QUESTION : « Il y a certaines déclarations de membres de la CEDEAO qui affirmaient que l'opération militaire était imminente. Aujourd'hui s'est tenue à Paris une réunion de ministres de la Défense et de ministres des Affaires étrangères de cinq pays de l'Union européenne. Bon nombre d'entre eux affirmaient que l'opération militaire n'était pas du tout mûre et qu'il fallait encore beaucoup de temps. Est-ce que vous êtes d'accord avec eux ou est-ce que leur point de vue vous importe peu ? Est-ce que celui de la France est prioritaire ?

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Je pense que nous avons mûrement réfléchi sur cette opération. Cela fait des mois que l'on en discute. Il y a eu beaucoup de réunions d'experts aussi bien de la CEDEAO que des experts des Nations Unies, les américains, les français. Le concept de l'opération me parait donc avoir été bien défini. Nous allons maintenant transmettre nos propositions au Conseil de sécurité qui va se pencher sur cette question fin novembre / début décembre. Il me semble que toutes les conditions sont réunies pour que cela soit approuvé par le Conseil de sécurité ».

QUESTION : « C'est une question de jours pour vous cette intervention militaire ? De semaines ? De mois ? »

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Je ne peux pas vous donner de dates, mais ce qui est sûr c'est que le Niger souhaite que cela intervienne le plus tôt possible ».

QUESTION : « Que pensez-vous de la position de l'Algérie qui semble à nouveau en retrait par rapport à cette intervention ? »

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Je souhaite que vous posiez cette question à l'Algérie ».

QUESTION : « Mais vous-même, votre sentiment ? »

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Posez cette question à l'Algérie ».

QUESTION : « Par rapport aux déclarations d'Ansar Dine qui se dit prêt à renoncer à la charia et à dialoguer avec Bamako, est-ce que cela vous semble des propos et des déclarations fiables ?

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « C'est une bonne chose. La CEDEAO a été très claire : tous les mouvements du Nord-Mali qui acceptent de renoncer à la charia, qui acceptent aussi l'intégrité territoriale du Mali, peuvent être concernés par les négociations avec le médiateur mis en place par la CEDEAO le Président Blaise Compaoré. Si Ansar Dine déclare abandonner la mise en place de la charia au Mali, je ne peux que dire bravo ».

QUESTION : « Avez-vous évoqué la question d'AREVA et de l'uranium ? »

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Oui on a bien sûr évoqué cette question. Vous savez que le Niger est engagé dans un partenariat stratégique avec la France à travers AREVA pour l'exploitation de l'uranium. Nous allons poursuivre ce partenariat stratégique entre nos deux pays, qui sera de plus en plus un partenariat gagnant-gagnant. C'est la volonté du Président français et également l'objectif que s'est fixé le Niger. De ce côté-là, il n'y a pas de contradictions entre nous ».

QUESTION : « La France est prête à renégocier les contrats avec le Niger ? »

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Nous sommes prêts à continuer le partenariat stratégique de manière équilibrée ».

QUESTION : « Cela signifie quoi concrètement ? Sous la présidence précédente, il y a quand même eu tout un débat autour de cette question avec AREVA et la difficulté de renégocier. C'est vous qui demander une renégociation ? La France y est-elle prête et vous l'a-t-elle dit clairement ?

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU NIGER : « Le plus important à retenir c'est que les deux parties sont déterminées à poursuivre le partenariat stratégique dans une perspective équilibrée, dans laquelle chaque partie puisse gagner. C'est un partenariat gagnant-gagnant que l'on a convenu de mettre en place et de poursuivre. Merci beaucoup ».

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