Avril 2014

Conférence de presse de M. le président de la République à Varsovie

QUESTION – Bonjour M. le Président, un quatrième soldat français a été tué au Mali, la violence semble s’aggraver sur le terrain et en France l’unité nationale commence à se fissurer par la voix, notamment d’un ancien président, Nicolas SARKOZY. Est-ce que le doute s’installe sur le possible désengagement de troupes françaises fin mars, rapidement, comme l’avait dit Laurent FABIUS ? Je me tourne vers vos partenaires européens, est-ce que vous êtes prêts à soutenir la France sur le terrain avec des forces militaires si la situation se complique au Mali ? Merci.

LE PRESIDENT – Wilfried PINGAUD est le quatrième soldat à perdre la vie dans l’opération « Serval », celle que nous avons engagée pour libérer le Mali de l’emprise terroriste. Je veux lui rendre hommage, comme à ces trois combattants morts pour la France.

Nous sommes dans la phase ultime de notre engagement au Mali. La phase la plus difficile, celle qui nous met en contact avec les groupes terroristes eux-mêmes.

Nous avons lancé une offensive dans deux directions : La première, dans ce que l’on appelle « le massif ifoghas » et là nous avons eu des succès qui seront encore démontrés ces jours prochains, y compris avec des chefs terroristes qui ont été anéantis. Nous avons lancé une deuxième offensive autour de Gao, là où nous sommes encore convaincus qu’il y a un certain nombre de combattants terroristes qui demeurent dangereux.

C’est la phase ultime parce que nous avons réussi toutes les autres étapes : la libération des villes et la sécurisation du territoire. C’est une phase qui va durer encore tout le mois de mars et à partir du mois d’avril, il y aura une diminution du nombre de soldats français au Mali, dès lors que les forces africaines seront en relais, appuyées par les Européens.

Je veux effectivement saluer le soutien qui nous est apporté à la fois matériel et humain, par les Européens, puisque les formateurs sont déjà en place et vont accompagner les Maliens et les Africains pour sécuriser complétement le territoire et permettre l’organisation d’élections et l’affirmation de la souveraineté du Mali.

Ces sacrifices qui sont douloureux pour les familles, qui sont difficiles à vivre pour les Français, sont néanmoins aussi au service d’une cause qui est la lutte contre le terrorisme, la dignité humaine et le droit pour un pays, le Mali, de vivre en paix sur un territoire sur lequel il a souveraineté.

L’Histoire retiendra que cette opération qui a été faite par la France au nom de la Communauté internationale et avec l’Europe en soutien a été, je pense, une étape très importante dans la lutte contre le terrorisme.

 

 

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