A l'Elysée

Cérémonie traditionnelle de remise du muguet

01 Mai 2013

Lieu : Paris, France

Rubrique : Agriculture, mer et pêche, Nation, institutions et réforme de l'État

Type de contenu : Album photosLes photos de la cérémonie

Type de contenu : VidéoLa vidéo de la déclaration

Type de contenu : Déclaration/DiscoursLe texte intégral de la déclaration

Discours du président de la République lors de la cérémonie de remise du muguet

Palais de l’Elysée – 1er mai 2013

Monsieur le président de la SEMMARIS,
Mesdames, Messieurs les présidents,
Monsieur le grand-maître, Mesdames,

 C’est avec beaucoup de joie que je vous accueille ici. Parce que c’est un honneur, pour le président de la République, de recevoir les muguets du 1er mai, ici-même, par ceux qui ont la conviction que cette tradition doit se perpétuer. Car elle correspond, au-delà de l’activité économique qu’elle génère, à un mode de vie qui est le nôtre, de respect du travail et de respect des travailleurs, de tous les travailleurs. De ceux qui sont salariés, de ceux aussi qui sont indépendants.

Vous m’aviez invité, à la fin du mois de décembre, à venir à Rungis – ce qui, je crois, est aussi une tradition. J’y ai appris beaucoup. D’abord, j’y ai vu la qualité des produits qui étaient exposés – mais cela je le savais ; le haut professionnalisme de ceux qui étaient tôt le matin au service des consommateurs ; les filières qui étaient organisées et les générations qui s’y croisaient. Car il y a cette nécessité de donner à espérer, à une nouvelle génération, de vivre ce qui a été la réussite d’une précédente, en l’occurrence le développement du marché de Rungis.

Chaque fois que j’arrive à Orly, venant parfois de loin, quelle que soit heure, je me dis : je vais passer à Rungis. Parce que je sais qu’il y aura toujours un café ou un restaurant d’ouvert – sauf le samedi soir, j’en ai fait l’expérience ! C’est une véritable ville que celle du marché. Vous avez rappelé les chiffres : 12 000 salariés, 1 200 entreprises, 8 milliards de chiffre d’affaires, c’est considérable. Vous avez été capables de garder cette tradition et, en même temps, d’assurer la modernisation indispensable des installations.

Je sais aussi que vous êtes toujours en recherche de nouveaux produits. Vous avez cité le bio, de nouvelles régions… Car Rungis n’est pas simplement le marché de l’Ile-de-France ; c’est d’abord celui de l’Ile-de-France, mais il a une vocation française et même européenne. Je n’oublie pas que c’est le premier marché mondial en frais.

Mais vous avez aussi la volonté de trouver de nouveaux équipements et donc d’élargir encore vos capacités avec la question : peut-on investir quand on a une concession qui a une durée de vie limitée ? Même si, 2034, cela paraît loin – mais pour des investisseurs, il faut avoir cette durée pour que les équipements puissent être amortis sur une durée longue. Nous serons donc attentifs à ce que vous soyez éclairés sur la prolongation de la concession.

J’ai entendu aussi le périmètre de référence. Tout cela peut paraître être compliqué, surtout en ce jour du 1er mai où le muguet, par exemple, n’est pas toujours commercialisé par des sociétés toujours déclarées. Cela fait partie aussi de cette exception parce que le reste de l’année, mieux vaut que tout soit organisé, déclaré – je n’ose pas dire contrôlé ! Dans ce que vous dites du périmètre de référence, c’est : s’il y a une concurrence qui vient se créer de manière déloyale, c’est l’ensemble du marché qui peut s’en trouver affecté. Nous y veillerons donc et ferons en sorte que les dispositions qui avaient pu être prises puissent être absolument respectées.

Enfin, vous ne m’avez pas parlé du sujet de la Cité de la gastronomie dont Rungis va être un des éléments. Je crois que cela peut être un facteur d’attractivité tout à fait utile pour notre pays. On nous regarde souvent avec admiration et moquerie : la France, pays de la gastronomie… Vous vous souvenez de Georges POMPIDOU qui se plaignait, alors que c’était un bon vivant, que trop souvent on lui rappelait ce qu’étaient les traditions françaises, la gastronomie, le luxe, les parfums... Je pense que nous devons faire bien davantage que ces seules activités. Mais nous avons aussi cette réputation, non seulement à préserver, mais à embellir encore. Je sais qu’à travers les professionnels qui sont là, vous y travaillez.

Merci pour le muguet, pour ce qu’il représente, pour sa symbolique. Merci de nous apporter un certain nombre de produits qui illustrent ce que je viens de dire : la volaille, le fromage, la viande – le poisson n’a pas pu arriver mais nous le servons régulièrement ici. Lorsque je reçois un chef d’Etat ou un chef de gouvernement – cela va être le cas cet après-midi encore pour le président du Conseil italien – il y a toujours pour celui ou celle qui est reçu ici, dans ce palais, conscience qu’il ne vient pas dans n’importe quelle maison, ni dans n’importe quel pays.

Ce que vous apportez, à travers ces produits qui sont ensuite travaillés, c’est extrêmement important pour l’influence de la France. Je ne dis pas que la diplomatie se confond avec la gastronomie, ce serait tellement commode, autrement, pour régler la question de la croissance en Europe que d’inviter tous les Européens à cette table ! Mais si cela peut faciliter la manœuvre, je vous remercie d’avoir apporté toutes les matières premières, tous les ingrédients, et ensemble, j’en suis sûr, nous réussirons.


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