A l'Elysée :

Evènement « La France à l’exposition universelle de Milan 2015 »

18 Mars 2015

Lieu : Paris, France

Rubrique : Culture et communication, Economie, finances et industrie, Europe, International, développement et francophonie

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Elysée – Mercredi 18 Mars 2015

Mesdames et Messieurs les Ministres,

Monsieur l’Ambassadeur,

Monsieur le Commissaire général, Cher Alain BERGER,

Mesdames et Messieurs qui avez contribué à l’organisation, à la préparation et donc au succès du Pavillon français,

Nous sommes à 40 jours de l’ouverture des portes de l’Exposition universelle de Milan, et nous sommes ensemble pour présenter le Pavillon français, c'est-à-dire un bâtiment-territoire de 2 000 m², et pour dire ce qu’il va offrir comme potentialités, comme initiatives et également comme promotion de nos produits et de notre pays.

Une Exposition universelle, c'est l’occasion pour le monde de mettre en avant ce que le progrès humain peut avoir comme conséquence dans un certain nombre de secteurs, et de voir les perspectives d’avenir que des technologies, des productions peuvent ouvrir pour la planète. C'est d’ailleurs ainsi qu’avait été écrit le règlement intérieur des Expositions universelles.

Tous les cinq ans, une grande ville accueille le monde. Aujourd'hui, c'est Milan, mais au-delà de cette ville, c'est tout un pays, c'est tout un continent, qui a cette chance de pouvoir éclairer la planète toute entière, des capacités de l’intelligence et de la production humaine.

Il reste toujours quelque chose d’une Exposition universelle, parfois même l’identité d’une ville. Ainsi, la Tour Eiffel, la Colline de Chaillot témoignent d’Expositions universelles. C'est pourquoi je veux m’inscrire dans cette histoire et dans cette tradition, avec la même volonté de promouvoir la France. Je soutiens donc, au nom de l’Etat, la candidature de Paris à l’Exposition universelle de 2025, dans dix ans.

Dix ans, ça peut paraitre loin, en fait c'est tout près dix ans. Dix ans, c'est ce qui permet à une génération de se mobiliser, à des entreprises de fédérer leurs forces, à des chercheurs de se mettre également au travail pour savoir sur quel thème cette Exposition universelle va pouvoir être présentée.

Pourquoi la France ? Parce que la France n’a plus accueilli d’Exposition universelle depuis 1900, ce qui fait quand même beaucoup –plus d’un siècle–, et qu’elle doit saisir l’occasion de 2025 pour montrer que les expositions sont filles de la Révolution industrielle et aussi de la Révolution française, s’inscrivant donc dans la tradition des Lumières, lumières de la pensée, lumières aussi de ce que l’innovation peut produire.

C’est donc un symbole de modernité et en même temps un symbole de fraternité, l’Exposition universelle. Modernité, parce qu’on y présente ce que la technologie peut faire de mieux. Fraternité, aussi parce qu’il n’y a pas d’Exposition universelle si on ne veut pas changer le monde et modifier le cours de la planète.

Cette Exposition universelle, bien sûr, sera à Paris si cette candidature est retenue, mais ce sera une candidature de toute la France, de toutes les villes de France. Nous devrons aussi faire apparaitre, que c'est aussi bien pour la science, que pour la gastronomie, que pour l’innovation, que pour l’économie, que nous avons vocation à présenter cette candidature. Je souhaite donc que le dossier puisse être enrichi par un certain nombre de contributions, d’entreprises, d’organismes de recherche, de collectivités locales, et je salue les parlementaires qui se sont impliqués sur ce dossier, et notamment Monsieur FROMENTIN, Monsieur CARVOUNAS et Monsieur LE ROUX, et je leur assure tout le soutien de l’Etat pour aller jusqu’au bout de cette belle aventure.

Mais je reviens à Milan, parce que nous sommes, aujourd'hui, chacun le voit, à Milan Monsieur l’Ambassadeur, Milan 2015 sera consacré au thème de l’alimentation, « Nourrir la planète, énergie pour la vie ». Nourrir la planète, car cela a été rappelé, 850 millions d’individus souffrent aujourd'hui de la malnutrition et de la faim. Nous avons donc une obligation, une obligation morale, une obligation économique, une obligation écologique, qui est de produire davantage, pour nourrir une population plus nombreuse, mais de produire mieux pour assurer une alimentation de qualité, sans gaspiller les ressources de la planète.

C'est là l’enjeu de cette Exposition universelle. Ce n'est pas simplement la promotion –c'est important–, ce n'est pas simplement l’exportation –c'est nécessaire–, c'est aussi la mobilisation internationale pour lutter contre la faim et la malnutrition.

Toutefois, il y a une autre dimension, plus joyeuse : c'est l’alimentation comme art du goût, comme plaisir que partage le plus grand nombre de nos concitoyens. C'est aussi l’expression d’une culture, j’entends là, la culture dans le meilleur sens du terme, celui de la civilisation. Donc l’Exposition universelle à Milan fournira l’occasion de déguster, de montrer, de promouvoir tous les produits, toutes les cultures, toutes les cuisines du monde, et Milan sera, pendant six mois, la plus grande ferme et la plus grande cuisine du monde.

Ainsi, quand il y a cet enjeu, la plus grande ferme, la plus grande cuisine, la France doit tenir son rang. Le premier, si c'est possible, et en tout cas le meilleur. Son rang de puissance agricole –puissance agricole européenne, puissance agricole mondiale–, parce que nous en avons toutes les capacités, parce que nous avons sur toutes les productions, animales comme végétales, un savoir-faire, grâce à une formation de haut niveau, grâce aussi à ce que nous avons pu, génération après génération, mettre en œuvre.

Nous avons donc également une gastronomie qui a toutes les références mondiales, et c'est cette synergie entre l’excellence de nos producteurs, les talents scientifiques et techniques de nos chercheurs, et la qualité de notre tourisme et de notre gastronomie, c'est de tout cela que nous aurons à répondre à Milan, pour être, dans ce pavillon, l’expression de ce que la France peut faire de mieux.

Justement, j’en reviens au pavillon lui-même, qui a fait référence à l’un des symboles de la culture alimentaire française, c'est-à-dire le Pavillon Baltard, qui a abrité les Halles de Paris pendant un siècle, c’était même, à tous les sens du mot, le ventre de Paris.

Au XIXème siècle, Baltard avait choisi de célébrer le matériau de l’avenir, donc le métal. Au XXIème siècle, c'est en bois, en bois du Jura que la France a choisi de réaliser cette exposition parce que le bois est aujourd’hui le matériau du futur. Il permet à ce pavillon d’être entièrement démontable, pour être reconstruit après l’exposition et connaitre ainsi une nouvelle vie, c'est cela l’économie circulaire. L’utilisation du bois participe à la lutte contre le réchauffement climatique, et c'est bien notre volonté. Le bois stocke aussi le carbone, donc nous sommes parfaitement à l’aise, à la fois avec ce matériau et avec notre responsabilité, qui est de réussir la Conférence sur le climat. Milan aura aussi cette vocation et sera une étape dans la préparation de ce rendez-vous.

Ce pavillon, au-delà de sa structure, au-delà de l’originalité de son dessin –et j’en félicite les architectes et tous ceux qui ont contribué à sa mise en œuvre–, ce pavillon abritera des entreprises, abritera des coopératives, abritera des filières, abritera des régions, présentera l’offre française –et cela a été excellemment dit– dans toute sa diversité. Diversité des produits, diversité des origines, diversité des terroirs. On sera capable de montrer ce que l’on appelle les commodités –le blé, le sucre–, les articles de luxe, les produits du quotidien, les trésors de la gastronomie, le savoir-faire des chefs, et aussi les arts de la table, car à travers la gastronomie, c'est aussi toute une industrie, tout un ensemble de métiers, de savoirs, d’artisanats, qui pourront avoir une consécration dans le cadre de ce pavillon.

Par ailleurs, le ministre de l’Agriculture l’a dit, le pavillon aura donc une odeur, l’odeur du pain. Je veux effectivement saluer Madame Laora PERENNEC, en espérant qu’elle sera accompagnée de nombreux autres boulangers, car travailler nuit et jour, pendant six mois, même le ministre de l’Economie n’y a pas songé. Nous devrons donc vous donner un certain nombre de soutiens, et vous en aurez, parce que c'est aussi ça la boulangerie, permettre une mobilisation de métiers, d’hommes et de femmes, qui sont conscients qu’il faut servir du pain tous les jours, et même à toutes les heures de la journée pour satisfaire les 12 000 visiteurs qui passeront chaque jour sur le pavillon de la France. Il faut manger du pain, je sais qu’il y a tout un débat là-dessus, mais pour ma part j’ai répondu depuis longtemps à cette question.

Le message de la France à Milan, c’est aussi un message qui est universel : produire et nourrir autrement. C’est là notre obligation. Nous devons utiliser Milan pour que tous les enjeux puissent être traités.

D’abord l’enjeu économique, c’en est un. L’Exposition universelle réunira 140 pays, des millions de visiteurs. Ce sera l’occasion d’évènements qui vont se reproduire pendant six mois. Nous avons donc voulu avec le ministre des Affaires étrangères que Business France puisse être pleinement associé à cette initiative et puisse être un levier pour la présence de nos entreprises sur tous les marchés mondiaux.

Nos entreprises –et je sais qu’elles sont représentées ici–, quelle que soit leur taille, petite, grande, moyenne, doivent utiliser l’Exposition universelle, le pavillon français, pour en faire un outil de promotion, de développement, d’exportation, d’investissement, dans les grandes régions du monde. Je sais que l’industrie agroalimentaire, ici représentée, va se mobiliser entièrement par rapport à ce projet.

Le second enjeu, il est écologique. Nous voulons que la planète puisse être préservée, ce qui exige d’autres modes de développement. L’agroécologie, qui a été voulue par le gouvernement, à travers une loi qui a été votée très largement, et dont Stéphane LE FOLL a rappelé les principes, ce n’est pas simplement un principe politique, c’est aussi un principe éducatif, scientifique, économique. Nous voulons donc que Milan soit un grand évènement pour la préparation de la conférence sur le climat. La ministre de l’Ecologie s’y rendra. Nous aurons donc aussi à démontrer que pour l’agriculture, il doit s’agir d’un nouveau mode de développement, qui constitue aussi une chance pour la France. Réduire les émissions, pouvoir les stocker, s’adapter à des conditions climatiques qui vont être de plus en plus aléatoires, cela suppose qu’il y ait une mobilisation scientifique et une mobilisation professionnelle.

J’ai tenu à être présent à un colloque qu’avait organisé la FNSEA avec un certain nombre de partenaires scientifiques et les ministères des affaires étrangères et de l’agriculture et je souhaite que nous puissions avoir cette mobilisation des professionnels pour que les acteurs de l’agroalimentaire puissent lutter contre le réchauffement climatique, être exemplaires, et lutter contre le gaspillage. Comment accepter en effet que plus de 30 % des aliments produits sur notre planète soient perdus ? Je sais que Guillaume GAROT se mobilise encore par rapport à cet objectif.

Enfin, le dernier enjeu, c’est l’enjeu touristique. L’Exposition universelle, c’est un grand évènement touristique pour l’Italie –nous en sommes heureux– et comme l’Italie est tout près de la France, c’est un grand évènement pour la France. Comme nous favorisons les liaisons –même si pour le Lyon-Turin ça sera un peu plus long–, nous souhaitons que beaucoup des visiteurs qui iront à Milan puissent être aussi dans toutes les villes de France. Au-delà de cet aspect, nous avons cette occasion de présenter ce que nos territoires ont de plus beau, ce que nos paysages ont de plus attrayant, ce que nos concitoyens sont capables de faire au mieux pour accueillir nos hôtes. Dès lors, toutes les facettes du savoir-vivre à la française seront présentées dans le pavillon à Milan.

Voilà Mesdames et Messieurs, le langage que j’étais venu vous tenir. Un langage de fierté, parce que il est important que notre pavillon soit l’un des plus beaux. Un langage aussi de mobilisation, parce que c’est l’économie française, c’est la recherche française, ce sont également les produits français, les savoir-faire français qui vont être exposés à Milan.

Il y a aussi cette idée que le repas, que l’alimentation sont un élément de paix et même de réconciliation, et nous en avons besoin dans cette période. Je rappelle que l’UNESCO a reconnu le repas gastronomique à la française comme un élément du patrimoine immatériel de l’humanité parce que l’alimentation participe aussi du vivre ensemble. Cette Exposition universelle doit y contribuer et permettre des moments de découverte, de partage, d’émotion, de compréhension des différences mais aussi d’unité du monde par rapport à un enjeu qui est l’enjeu climatique.

Ainsi, la France à Milan se montrera telle qu’elle est, telle qu’elle est attendue, avec sa gastronomie, ses productions agricoles, sa culture. Mais elle doit être telle qu’elle veut être, c'est-à-dire un pays qui mobilise la planète, qui veut être exemplaire en matière d’environnement et qui a confiance dans la science, parce que c’est la science qui nous permet d’avancer. C’est cette image de la France, cette image d’une France conquérante, cette image d’une France accueillante, cette image d’une France d’espérance que vous porterez à Milan pendant six mois à partir du 1er mai.

Bonne Exposition universelle.

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