Le Président effectue dans l'Aude une visite de terrain consacrée à la modernisation du secteur public de la santé. A Carcassonne il rencontre des élèves infirmiers et l'équipe pédagogique de l'Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI). Puis il visite le chantier du nouveau centre hospitalier de Carcassonne et préside une table ronde en présence des principaux acteurs de la santé du département.
CONTEXTE
Quelques chiffres clés
2 784
Le nombre d'hôpitaux en France, dont 983 hôpitaux publics.
87 000
Le nombre de médecins exerçant à l'hôpital, sur un total de 209 000. Les 122 000 autres sont des médecins libéraux.
438 000
Le nombre d'infirmiers exerçant à l'hôpital, sur un total de 515 000. Les 77 000 autres sont des infirmiers libéraux.
41%
La part d'hôpitaux qui présentaient des comptes en déficit en 2007. En 2010 cette part a été réduite, à 32%.
475 millions d'euros
Le déficit cumulé des hôpitaux en 2007. En 2010, le déficit cumulé a été réduit à 181 millions d'euros.
+ 2,8%
La progression de l'Objectif National des Dépenses d'Assurance Maladie (ONDAM), c'est-à-dire du budget consacré à la santé, prévue pour 2012. Ce chiffre témoigne de l'effort important de l'Etat en faveur de la santé, dans un contexte pourtant marqué par la crise économique. Depuis 2007, l'investissement dans la santé a été massif. En 2009, au cœur de la crise, l'ONDAM augmentait ainsi de 3% alors que le PIB se contractait de 2,5%.
La crise n'a pas entamé l'investissement de l'Etat en faveur de la santé, de la recherche et des patients. Ce n'est pas le cas dans l'ensemble des pays européens. Pour le Président, l'accroissement des dépenses de santé doit s'accompagner de réformes visant à rendre notre système de santé plus efficace et à lutter contre les gaspillages. En 2010, l'ONDAM, voté par le Parlement, a été tenu pour la 1e fois depuis 1997, grâce aux efforts remarquables accomplis par les personnels hospitaliers et les professionnels de santé. Il le sera également en 2011.
11%
La part du PIB consacrée à la santé, soit plus de 200 milliards d'euros.
Le Centre Hospitalier de Carcassonne
Ce centre hospitalier emploie 1987 salariés et dispose d'une capacité d'accueil de 794 lits (dont 442 à l'hôpital). Il est l'établissement de référence de l'Aude et se distingue notamment par ses activités de médecine, ses spécialités chirurgicales, sa maternité, son pôle de radiothérapie, son SAMU, son rôle d'acteur de la formation (notamment avec l'IFSI) et de la prévention, ainsi que par sa position de référent dans la prise en charge des personnes âgées. Son budget pour 2011 est de 124,35 millions d'euros.
Le Centre Hospitalier de Carcassonne est en pleine de phase de reconstruction, soutenue par l'Etat à hauteur de 76 millions d'euros (Plan Hôpital 2012). Un nouveau bâtiment, qui offrira 465 lits en hôpital, est en cours de construction. Il permettra de regrouper sur un même site le centre hospitalier, les Etablissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD), une clinique privée et un établissement privé de santé mentale. Les travaux ont débuté en 2011 et le nouvel hôpital, ouvert sur l'extérieur, travaillant en réseau et misant sur les coopérations public/privé, sera mis en service en 2014. Le chantier mobilise 8 entreprises et 102 salariés.
Le Plan Hôpital 2012
Le Plan Hôpital 2012 vise à cofinancer des projets de modernisation d'hôpitaux : rénovations de bâtiments, regroupements d'établissements ou de services, modernisations de l'informatique, etc. Il représente un effort sans précédent d'investissement de l'Etat en faveur de l'hôpital. D'ores et déjà, 4,6 milliards d'euros d'investissements ont été réalisés dans le cadre du Plan Hôpital 2012. Les projets soutenus sont essentiellement des projets immobiliers, qui permettent de faire évoluer l'offre de soins. Regrouper des hôpitaux et des services en soutenant des projets immobiliers permet en effet de faire émerger des pôles hospitaliers d'excellence, mieux organisés, plus efficaces, au bénéfice du patient.
ELEMENTS DE BILAN
La revalorisation du parcours et du statut infirmiers
Le Président a tenu à ce que le métier d'infirmier, qui est un métier difficile, au contact permanent de la souffrance des malades et aux contraintes nombreuses, soit revalorisé. La réforme LMD a recentré les études d'infirmiers sur le développement des compétences professionnelles, notamment grâce à la généralisation des stages et des mises en situation. La réforme LMD a également intégré la formation des infirmiers dans le système universitaire (ce qui autorise des passerelles entre formations, des réorientations, la circulation au sein de l'Union européenne, etc.). Désormais, le parcours de formation des infirmiers est sanctionné par la délivrance d'un diplôme universitaire de niveau licence, qui peut être approfondi par un master ou un doctorat.
Au-delà de la mise à niveau universitaire du parcours infirmier, le Président a fait en sorte que les infirmiers puissent accéder à la catégorie A de la fonction publique (Pour mémoire les fonctionnaires sont classés dans 3 catégories hiérarchiques : A (cadres, 30% des agents); B (professions intermédiaires, 23% des agents); C (ouvriers et employés, 47% des agents)). Il s'agit par conséquent d'une véritable reconnaissance de leurs responsabilités et de leurs compétences. Le passage du B au A est également synonyme d'une revalorisation salariale significative (2 120 euros de plus par an en début de carrière ; 3 800 euros en fin de carrière, soit l'équivalent d'un 13e mois). Cette réforme du statut infirmier est extrêmement souple :
- Soit l'infirmier fait le choix de passer en catégorie A et de retarder son départ à la retraite (60 ans au lieu de 55 ans)
- Soit il choisit de demeurer en catégorie B et son âge de départ à la retraite est inchangé (son salaire est tout de même revalorisé de 434 euros chaque année en début de carrière ; de 923 euros en fin de carrière)
Cette revalorisation nécessaire du statut infirmier, qui constitue un effort parfaitement légitime de l'Etat, est un succès. Plus de la moitié des infirmiers sont passés du cadre B au cadre A. La réforme est particulièrement plébiscitée par les jeunes qui entrent dans la carrière : 84% des 25-29 ans ont choisi de devenir cadres A.
Réforme de la médecine de proximité
Cette réforme est une priorité du Président de la République pour l'année 2011. Elle vise à remettre les médecins au cœur des territoires, à leur redonner leur rôle de pilier fondamental du système de soins.
- La médecine générale a été revalorisée en 2011 (la consultation est passée à 23 euros).
- Les maisons de santé pluridisciplinaires, qui permettent de regrouper en un même lieu, avec le soutien de l'Etat, les professionnels de santé (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes), disposent désormais d'un véritable statut juridique et se développent fortement : 230 maisons seront opérationnelles fin 2011 (Il y en a déjà 3 dans l'Aude). Entre 2010 et 2011, le nombre de maisons de santé a été doublé.
- Des bourses médicales attribuées aux jeunes médecins en contrepartie de leur installation dans une zone où l'on manque de médecins ont été mises en place.
- La nouvelle convention médicale signée entre l'assurance maladie et les syndicats de médecins libéraux va permettre de faire évoluer les modes de rémunération des médecins en introduisant notamment le paiement à la performance au côté du paiement à l'acte.
- La simplification des parfois trop nombreuses et longues démarches administratives incombant au médecin, progresse bien et va être poursuivie.
- Enfin, l'Etat travaille sur la formation des médecins, afin d'y introduire davantage de stages en cabinet libéral, et plus globalement, de rendre la filière médecine générale davantage attractive pour les étudiants en médecine.
Pour tout savoir sur la réforme de la médecine de proximité, lisez l'entretien accordé fin août par le Président au Quotidien du Médecin
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